2005 – La chute du préfet Dermouche renvoyé devant le Tribunal Correctionnel pour « Abandon de Famille »

Le préfet Dermouche, le premier issu de l’immigration, vient d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nantes pour « abandon de famille ». Selon la tradition de la préfectorale, Aïssa Dermouche devra démissionner.

 Cet article avait reçu des commentaires plutôt sympathique pour le préfet et contre l’ex épouse. Mais il ne faut pas oublier qu’un préfet devrait être le premier a respecter la loi. Ne pas re-évaluer la pension est aussi assimilé comme un abandon de famille si cela n’est pas régularisé dans les 2 mois.
Et que le Ministère de l’Intérieur prend note: regler la pension pour quelqu’un d’autre ne regle guère le problème de fond – se croire au dessus de la loi.
LA SAGA très médiatique d’Aïssa Dermouche, promu premier préfet issu de l’immigration il y a un an, risque de tourner court. Par une ordonnance de renvoi signée jeudi par le juge d’instruction nantais Jacky Coulon, le préfet du Jura est renvoyé devant le tribunal correctionnel de la ville pour « abandon de famille », un délit passible de deux mois de prison et de 15 000 d’amende. Or, même s’il s’agit d’une affaire privée, le ministère de l’Intérieur devrait l’inciter à démissionner afin de respecter la tradition qui interdit à un préfet en exercice de comparaître en justice.
197 d’arriéré de pension alimentaire Ces dernières semaines, alors que l’épée de Damoclès était déjà suspendue au-dessus la tête du préfet, c’était la seule solution envisagée par la Place Beauvau, qui a tout tenté pour éviter le scandale. La cause des tourments du préfet du Jura semble d’ailleurs dérisoire et tient en un chiffre : 197 , soit le montant d’un arriéré de pension alimentaire qu’il s’est obstiné à refuser de payer à sa deuxième épouse, en dépit d’innombrables tentatives de conciliation amiables. L’affaire commence il y a un peu plus d’un an, au moment où Aïssa Dermouche est encore directeur de l’école de commerce Audencia, à Nantes. « Sa deuxième compagne essayait légitimement d’obtenir une revalorisation annuelle de la pension alimentaire, une chose simple, mais comme d’habitude, M. Dermouche refusait, raconte un proche du dossier.
De paiements en retard en revalorisations refusées, il y avait eu plusieurs procédures contre lui. » Une première plainte de son ex-compagne est classée sans suite, mais la seconde sera la bonne : le 1 e r septembre, le préfet est entendu comme témoin assisté. Bien que sa convocation lui soit parvenue deux mois auparavant, l’arriéré n’est toujours pas réglé. « Cette plainte me touche d’autant plus que, dans ma première culture, on n’abandonne jamais ses enfants », explique-t-il au magistrat. Finalement, c’est le ministère de l’Intérieur, via l’avocat Patrick Maisonneuve, qui réglera la note. Depuis cinq mois, le ministère tentait de convaincre l’ex-épouse d’Aïssa Dermouche, y compris par d’amicales pressions, de retirer sa plainte, avançant « les conséquences disproportionnées » d’un renvoi du préfet en correctionnelle. « Si l’affaire va au bout, on le fera démissionner », expliquait-on à l’ex-M m e Dermouche. Peine perdue.
Cet épisode fâcheux intervient au moment où Nicolas Sarkozy réaffirme avec fermeté son attachement à la discrimination positive, un principe au nom duquel il avait désigné Aïssa Dermouche préfet du Jura, le 14 janvier 2004. L’écho médiatique de cette nomination avait été encore amplifié après un premier attentat perpétré contre la voiture du préfet quelques jours après son investiture. Deux autres attentats suivront contre l’école de commerce qu’il dirigeait, puis le lycée que fréquente son fils. Sur ce plan, l’enquête n’avance pas. L’homme aperçu à proximité de la voiture du préfet juste avant l’explosion et décrit par un témoin comme « petit, les cheveux dégarnis, bedonnant et âgé d’une soixantaine d’années », garde son mystère et les effectifs de police affectés à cette enquête ont fondu en même temps que la pression médiatique s’estompait. Au tribunal de grande instance de Nantes, on assure que la comparution du préfet devrait intervenir « au plus tard au printemps ». Aïssa Dermouche sera-t-il toujours préfet du Jura ? Rien n’est moins sûr.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s