Paca: 29,1% d’enfants pauvres, souvent issus de familles monoporentales (étude)

Le Parisien Publié le 27.04.2012

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) compte 29,1% d’enfants pauvres, dont plus de la moitié vivent dans une famille monoparentale, selon une étude réalisée notamment par le Dispositif régional d’observation sociale (Dros) qui a recueilli des témoignages sur leur vécu.
Cette enquête, réalisée principalement à partir des données des caisses d’allocations familiales (Caf), s’inscrit dans le cadre d’une approche interrégionale portant sur Paca, Ile-de-France et Rhône-Alpes.

En 2009, plus d’un tiers des enfants pauvres en France, soit 1.140.000, vivaient dans ces trois régions, avec de fortes disparités toutefois.

Ainsi, le taux d’enfants vivant au sein d’une famille à bas revenus s’élève à 20% dans la région lyonnaise, contre 21,5% chez les Franciliens, tandis qu’il monte à 29,1% en Provence, et même à 44 et 45% à Marseille et Avignon.
Dans cette région, ils sont 52% à vivre avec un seul parent (45% en Rhône-Alpes, 21% en Ile-de-France). Le risque de pauvreté est aussi accru chez les familles très nombreuses, d’origine étrangère et dans les foyers inactifs.
Les revenus des parents sont très faibles, relève encore cette étude, s’établissant à 671 euros par mois et par unité de consommation, ce qui représente près de 300 euros de moins que le seuil de bas revenus.
D’où une dépendance forte aux prestations des Caf (dans 71% des cas en Paca, 66% en Ile-de-France et 65% en Rhône-Alpes), et des conditions de logement souvent difficiles: surpeuplement, problèmes de chauffage ou d’isolation, insalubrité, avec des conséquences néfastes pour la santé.
Paradoxalement, moins de la moitié des enfants pauvres vivent dans le parc social. En Paca, ils ne sont que 39% à y résider en raison de la faiblesse du parc régional, qui ne compte que 56 logements sociaux pour 1.000 habitants.
Ces études quantitatives ont été complétées par des entretiens pour mieux cerner le « sentiment de pauvreté ».
« Globalement, les enfants issus de familles pauvres ressemblent à tous les autres enfants, avant d’être marqués par la pauvreté », soulignent les chercheurs. Ils semblent peu conscients de leur situation qui leur apparaît comme « normale » et non injuste, notamment dans les quartiers urbains sensibles. Avec l’âge, les contraintes et privations sont toutefois moins bien vécues.
Côté logement, les enfants se rendent vite compte de l’exiguïté, du froid. Paul, 10 ans, explique que son grand frère dort dans le placard « parce qu’il est grand, il a envie d’avoir son intimité ». Certains racontent être soulagés de pouvoir « jouer en bas » ou « jouer dehors » quand « il fait beau ».
Ces enfants, qui considèrent leurs parents avec « respect et admiration », ont peine à s’imaginer un avenir différent et meilleur. « Plus ils avancent en âge, plus le réel s’impose à eux », note l’étude.

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